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  Rêves de Cachemire II
  Christian Lacroix
   Mars 2002 - Octobre 2009
   Nov 1993 - Sept 2001
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Rêve de Cachemire, cachemires de rêve "

Le châle cachemire imprimé, un joyau textile alsacien

En collaboration avec Christian Lacroix

Exposition du 13 novembre 2009 au 16 octobre 2010

Le châle cachemire a régné pendant tout le 19ème siècle sur la mode européenne. Dès la fin du 18ème siècle les femmes de la haute société française en faisaient usage en vêtement ou en décoration. On le voit jeté sur une chaise, parfois porté par des femmes à la pointe de la mode, telle Mme de Torcy, magnifiquement peinte par David en 1790.
Si en Europe le châle cachemire est un accessoire purement féminin, en Inde, son pays d’origine, il est réservé aux hommes, qui le  portent  en ceinture ou en turban. Tissé au cachemire dès le 15ème siècle, à partir du duvet d’une chèvre vivant dans les hauteurs du Tibet, il est le plus souvent rectangulaire. Son décor est constitué d’un centre uni terminé au deux bouts par des  bordures, ornées d’une palme appelée Boteh. L’origine de ce motif est obscure et les explications nombreuses. Certains y voient une larme de Boudha, une pomme de pin, une goutte. Pour d’autres il serait une interprétation stylisée de l’œillet ou du moins aurait un lien avec le monde floral, puisqu’en Persan Boteh signifie Bouquet de fleurs.

                    

Le succès du châle cachemire en France commence avec la campagne d’Egypte de 1798. Les officiers de Bonaparte le rapportent dans leur bagage. Il sera dès ce moment et pendant plus de 70 ans un élément indispensable de la garde robe féminine ainsi qu’un symbole fort d’appartenance et de réussite sociale.

                          

La mode du châle en Europe aura des répercussions, non seulement sur la production locale indienne, qui devra répondre à la demande en modifiant les modes de fabrication et le style des dessins, mais aussi sur l’industrie textile européenne qui tentera d’imiter ce genre pour répondre à une demande grandissante. Il est difficile d’appréhender l’ampleur de cet engouement pour le cachemire, mais il est bon de rappeler que les formes développées sur les châles vont jusqu’à influencer l’art des jardins sous le second empire. La forme en S inspirée de la variation du Boteh sera utilisée par des paysagistes renommés pour l’aménagement de parcs parisiens tel celui de Montsouris par exemple.

                    

Des centres de fabrication de châles se développent ainsi en Angleterre, en Autriche, en France et en Russie. Si l’imitation du châle des Indes se fait surtout par le tissage, on trouve également une production de châles imprimés sur laine. Il convient de préciser que le terme cachemire s’applique au support utilisé pour le tissage mais aussi au motif et au genre. En fait les châles imprimés utilisent rarement le  support cachemire mais des étoffes en laine, en laine et coton ou laine et soie.

                    

Pendant longtemps les châles imprimés étaient considérés comme des productions mineures, destinées à une classe modeste.
Il faut aujourd’hui nuancer cette affirmation. Tout d’abord l’on constate que les grands centres de fabrication de châles tissés tel que Paris, Lyon, Nîmes en France, Vienne en Autriche, Norwich et Paisley en Angleterre, Moscou en Russie, produisent également des châles imprimés.

 


 

   

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